lundi 22 juin 2009

ça va, ça vient

Je n'écris plus... Par manque de temps, beaucoup. Par manque de cohérence un peu aussi. Ma vie (ou plutôt la perception que j'en ai) est une immense montagne russe. En quelques minutes je peux basculer de l'optimisme le plus total au découragement absolu. Toute seule avec deux enfants ça va tellement vite... Tellement de petits et grands bonheurs certes, mais tellement d'ouvrage à abattre aussi. Je m'en sort haut la main la plupart du temps, mais le moindre imprévu, le moindre accro me renverse totalment. L'espace d'une minute je suis gonflée de fierté si je peux poser le regard sur une maison pas trop pire entretenue, mes deux amours qui sourient, si en plus on a pu jouer un peu dehors et abattre l'épicerie, je jubile. Puis suffit, d'un dégât du chien ou de Petit Bonhomme, d'une crise pour un truc sur le quel je refuse de céder, de Petite Demoiselle qui a besoin de dormir (et des bras de sa maman pour s'endormir!) ou exige de boire encore et encore pour la 4e heure consécutive, que les deux soient affamés en même temps ou aient fait caca, et que, tant qu'à y être, l'Homme m'appelle parce que finalement il ne viendra pas souper alors que j'avais utilisé ce qu'il me restait d'énergie pour nous préparer un super souper et que je me retrouve toute seule avec mon repas que je n'aurai pas le temps de manger et mes deux bébés full-besoin intense... Enfin toute ces situations où j'aie trop de deux oreilles et plus assez de deux bras... Suffit de ces moment innévitables, pour que je ne me sente plus à la hauteur, que j'aie l'impression que je ne verrai jamais le bout de tout ça. Malgré tout j'ai la même façon de materner que lorsque je n'avais que mon fils, allaitement exclusif, pas de suce, pas de bouteille, couches lavables, ne pas laisser pleurer et je réussi encore à m'y conformer (sauf pour ne pas laisser pleurer, parce qu'à deux on doit hiérarchiser les besoins quand même!). Autant je profite des nuits de 5 heures + 3 heures dont me gracie souvent Petite Demoiselle, autant j'ai connu mon lot de nuits d'horreur de "quand c'est pas un c'est l'autre", couchée à 11h, réveillée aux 45 minutes et levée à 4h et en prime pas de sieste le lendemain. Il y a des jours où j'arracherai la tête à ces autres mères qui osent me dirent que "c'est dont dur le 2e non?" (alors que je sais qu'elles l'ont accueilli avec un papa en congé de paternité et le plus vieux à la garderie) et d'autres jours où je réponds fièrement que non ce n'est pas si difficile, qu'en fait ça va plutôt bien. Autant parfois je voudrais 4 ou 5 enfants tellement ça va bien autant d'autres fois je retournerais les deux que j'ai déjà à l'expéditeur! Bref ça va, ça vient... Je m'en sort le plus souvent tout sourire, mais parfois aussi avec l'envie de me rouler en boule dans un coin. Parce que c'est pas parce qu'on est heureux, qu'on n'est pas parfois complètement débordé!

vendredi 5 juin 2009

N'importe quoi!

Je vais commencer à croire que j,ai une tête à prénommer mes enfants selon les considérations les plus stupides qui soient. Je m'explique...
Une des raisons, sans doute la principale, pour lesquelles nous avons longuement hésité sur le prénom de notre fille est sans conteste le fait qu'une participante à une télé-réalité bien connue porte le même prénom. Si on en croit les statistique de la régie des rentes qui réflètent une popularité exponentielle du dit prénom, il semblerait que pour plusieurs ce fût un incitatif, mais pas pour nous! C'est donc avec un agacement croissant que je me tape les "Ho! Comme dans Loft-Story!", "Ha! C'était ma préférée!" (ou "celle de mon mari / frère / voisine"), ou tout autres commentaires du même genre. J'ai bien hâte de voir combien de temps le québécois moyen mettra avant d'oublier ces pseudo-vedettes du petit écran. Et en attendant je vais me contenter de serrer les dents en souriant poliment. Faut quand même dire que j'ai eu une bonne pratique avec mon fils centre d'achat-boulevard!

mardi 26 mai 2009

Tout le monde va bien... sauf le portable

Mon portable est mort, capout, plus rien à espérer de plus qu'un écran blanc! Donc un message composé en vitesse de l'ordi du bureau... Juste pour dire que tout le monde va bien. Fatigués, mais heureux. La routine a repris son cours TRÈS rapidement, mais étrangement ce n'est pas si mal. Ma vie de "monoparentale de luxe" a repris dès notre retour de l'hôpital, c'est ainsi. Les congés pour l'Homme sont un fantasme irréalisable à ce temps ci de l'année, même un infime ralentissement est impensable. Je gère le fort, tant bien que mal (quoique plutôt bien pour le moment). Tout va si vite! Malgré tout j'essaie de profiter de chaque instant, même à travers tout le reste. Notre petite fille est un adorable bébé en même temps qu'une ogresse tyranique. Elle est d'un calme plat, elle dort énormément et mange encore plus! L'allaitement me tire énormément d'énergie, mais il est "payant", la gloutonne a déjà pris tout près d'une livre à 17 jours, elle fait presque 7 livres! Petit Bonhomme de son côté réagit très fort à l'arrivée de sa soeur (il fait de moins belles nuits qu'elle c'est tout dire!) et ça se répercute sur son humeur, il est beaucoup plus angoissé aussi. Disons qu'il tire pas mal de jus! Il est malgré tout un grand frère adorable très avenant avec sa soeur (lorsqu'il ne lui prend pas l'envie de la trucider!). De mon côté je suis en forme, très en forme (ai-je le choix?), mon corps n'a gardé comme unique séquelle de la grossesse et de l'accouchement un 20 livres en trop. Ça pourrait être pas mal pire! En fait, j'ai peine à croire qu'il n'y a même pas trois semaines j'étais enceinte... Bref, on survit et on est heureux, même si on est tous fatigués morts. Et ça ne doit pas être si pire que ça puisque l'idée d'un troisième ne nous quitte jamais plus de quelques heures, le temps de se remettre d'une double crise ingérable quoi!

lundi 18 mai 2009

Présentations officielles


Nous avons eu un mal fou à nous fixer sur le prénom de notre Minie-Chef... mais finalement nous avons opté pour un vieux choix commun qui, malgré sa popularité croissante, nous reste dans l'esprit depuis trop longtemps pour que ça ne soit pas «ça»... Ainsi, après d'infinies tergiversations, je crois pouvoir vous présenter officiellement notre belle Delphine.


vendredi 15 mai 2009

Des histoires de protocole

Voilà une semaine que notre belle Minie-Chef a vu le jour, notre magnifique Petite Fée... Je l'ai raconté, nous avons vécu une naissance de rêve, vraiment, même dans mes idées les plus folles je n'aurais pu l'imaginer mieux. L'accouchement a été la prolongation de ma superbe grossesse, son aboutissement sur la même note. J'en suis sortie en forme, pleine d'une belle énergie, malgré la fatigue à laquelle il est sans doute impossible d'échapper. Mais je suis pourtant partie de l'hôpital complètement déstabilisée, en larmes. Le séjour pour nous a été infernal, vraiment. J'imagine que cela tient en grande partie à une question de perception, soit. Mais reste qu'il me faudra du temps pour digérer tout plein de choses. Tout ça à cause de stupides protocoles et d'un personel hospitalier d'une rigidité à vous casser l'instinc.
À travers mon récit, j'en ai parlé un peu, même si j'ai vraiment voulu éviter de mettre l'emphase là dessus. Mais on a beau dire, rétrospectivement il y a plusieurs éléments qu'on ne peut s'empêcher de trouver déplorables. En fait, la seule raison pour laquelle j'avais décidé d'accoucher à l'hôpital était pour une question de sécurité. Je ne sais pas, mais on repassera pour l'atteinte de l'objectif, considérant qu'il s'en est fallu de très peu pour que j'accouche toute seule dans ma chambre. Nous nous estimons aussi très chanceux que les deux tours de cordons au cou de notre fille n'aient pas été plus serrés faute d'avoir quelqu'un de préparé et compétant à la sortie. Puis il y a le côté humain, sérieusement c'est vraiment affreux de se retrouver seule malgré soi alors que le corps parcourt les derniers milles de la naissance, tout ça pour une histoire de paprasse administrative! C'est peut-être flou exprimé comme ça, mais ça laisse amer, vraiment. Et si seulement ça en avait arrêté là.
Je ne sais trop quel mélodrame s'est déroulé du côté du personnel suite à mon accouchement sans médecin, mais le vent à définitivement tourné... L'espèce d'indifférence (si vous voulez qu'on s'occuppe de vous dans un hôpital, il faut définitivement hurler, être calme égal ne pas avoir assez mal) s'est tout à coup transformée en obsession protocolaire. En 34 heures de séjour, nous avons été soumis à pas moins de trois protocoles douteux... Bébé n'ayant pas reçu les antibios, nous avions droit aux signes vitaux à tous les trois heures, ainsi qu'à 4 prises de sang sur notre minie fille tout nouvellement débarquée. Jusque là c'est pénible, mais ça va, les conséquences d'une infection au Strep B sont telles qu'il est important d'être vigilant. Donc rien à repprocher à ce niveau. Là où ça se gâte par contre, c'est lorsqu'on ajoute à cela un protocole «bébé de petit poids». Nous avons dû nous battre (l'Homme a vraiment dû rouspéter très fort) pour qu'on n'ajoute pas de glycémies aux prises de sang déjà très nombreuses, sans parler de l'espèce de reproche sous jacent... «waw, elle est petite, elle est à terme? Combien de semaines?» Ma fille est née à 40 semaines, à 5lbs15onces certes et sur 50 centimètres, mais avec un Agpar de 10-10. J'ai pris 41 livres dans ma grossesse, je n'ai pas eu de comportements douteux, alors qu'est-ce qu'on peut faire de plus? Être vigilants. Nous le sommes. Mais pas au point de remplir une feuille notant toutes les absorbtions / déjections de notre progéniture si je n'en ai pas ressenti le besoin. Nous avons demandé les signes à surveiller, nous l'avons gardée au chaud dans les bras de sa maman lui permettant de téter autant qu'elle le voulait. Là encore, il semblerait que l'allaitement à la demande soit un crime grave! Me faire rabrouer par un pédiatre (un pédiatre bordel!) parce que tout le monde sait qu'un bébé ça boit 45 minutes aux 3 heures, puis après on l'occuppe comme on veut, mais bébé doit faire son temps. (Ah! et il faut ABSOLUMENT des nuits de 6 heures à 3 mois et des nuits d'adultes à 6 mois) Yeurk! Moi ma fille elle boit quand elle veut, mère irresponsable que je suis. Je serai peut-être fatiguée dans six mois, mais ça c'est mon problème, non? Et parlant d'allaitement, le coup final, l'ajout de l'insulte à l'injure. Me faire dire que mon allaitement va mal, très mal (au point de mettre ma fille en danger) par une infirmière qui n'a même pas allaité ses propres enfants... Ben oui! Après 20 mois d'expérience je ne sais pas reconnaître un enfant repus, une prise au sein acceptable (même si j'avoue elle n'en a pas l'air). On m'a torturé les seins, déclaré mes mamelons trop longs pour un nouveau né, nourri mon bébé à la cuillère (cuillères que je remplissais plusieurs fois de suite avec du colustrum (c'est certain que tirer du colustrum à la cuillère augure une montée laiteuse qui ne s'établira pas, belle contradiction non!), j'ai dû m'opposer très fort à une complémentation artificielle. Une chance que j'avais déjà de l'expérience, avoir été maman pour la première fois je serais sortie de l'hôpital avec un allaitement aussi scrap que mon moral! Bravo! À ce titre je tiens à dire que mon allaitement va très bien merci, sitôt arrivée à la maison je me suis ruée sur le site du DR Newman et j'y ai lu exactement ce que j'avais besoin de lire. Mon amoureux m'a consolée, j'en ai mis beaucoup sur le dos des maudites hormones, puis je me suis fait confiance. Avec pour résultat que ma fille à 5 jours de vie était à quelques grammes de son poids de naissance, tout un exploit pour un bébé de petit poids qui subit un allaitement qui ne marche pas.
Voilà c'est décousu et j'en oublie peut être aussi teinté de mauvaise foie à quelques endroits mais j'avais besoin de ventiler le plus gros, question de faire la paix avec tout ça, de ne garder que le meilleur de cette belle expérience humaine qu'à été la naissance de ma fille.